Mis à jour le 7 mai 2026 — par Julien Loboda
Si vous louez en saisonnier un bien immobilier en 2026 (Airbnb, meublé de tourisme classé ou location meublée courte durée) la fiscalité que vous supportez n’a plus rien à voir avec celle d’avant 2023. Entre la suppression de l’habitation sur les résidences principales, la majoration applicable jusqu’à +60 % en zones tendues, et la loi Le Meur qui a réformé en profondeur le régime du meublé de tourisme non classé, presque tout a changé.
Beaucoup de propriétaires de locations saisonnières restent sur les chiffres d’avant. Ils découvrent l’addition quand l’avis arrive. Qui est redevable de la taxe d’habitation pour une location saisonnière en 2026 ? Comment est-elle calculée ? Quelles exonérations sont possibles ? Et quels autres impôts s’ajoutent ? On fait le tour.
Quelle fiscalité s’applique à une location saisonnière en 2026 ?
Quand vous louez un bien meublé en saisonnier, plusieurs prélèvements distincts entrent en jeu. La taxe d’habitation sur les résidences secondaires : due par la personne qui dispose du logement au 1er janvier de l’année d’imposition. La taxe foncière, due par le propriétaire chaque année. La cotisation foncière des entreprises (CFE) si vous exercez l’activité de location de manière habituelle. À cela s’ajoute la taxe de séjour, perçue auprès du locataire et reversée à la commune. Et bien sûr l’imposition de vos revenus locatifs, en micro-BIC ou au régime réel simplifié des bénéfices industriels et commerciaux.
C’est cet empilement qui fait que la fiscalité de votre location saisonnière est plus lourde qu’on ne l’imagine. Trois lois successives expliquent l’évolution récente : la suppression définitive de l’habitation sur les résidences principales actée par la loi de finances pour 2018 et terminée fin 2022, l’extension de la majoration zones tendues à de nombreuses petites communes touristiques au 1er janvier 2024, et la loi de finances pour 2026 qui a stabilisé les nouveaux abattements micro-BIC introduits par la loi Le Meur.
Qui est redevable de la taxe d’habitation en location saisonnière ?
La règle posée par le Code général des impôts est claire : la personne qui dispose du logement au 1er janvier de l’année d’imposition est redevable. Quand vous louez en saisonnier, vous n’avez pas signé de bail à l’année avec un locataire fixe — vous gardez la jouissance du bien pour le mettre en location selon les périodes de location que vous choisissez. Vous restez donc juridiquement la personne qui dispose du logement, et donc redevable de la taxe d’habitation, même si le bien est occupé par des passagers la majeure partie de l’année.
Deux configurations vous évitent d’être redevable de la taxe :
- Si le logement sert comme sa résidence principale au propriétaire et qu’il est loué seulement quelques jours par an (cas du citadin qui loue son appartement en août). Le bien reste classé comme résidence principale, sans habitation sur les résidences principales depuis 2023.
- Si le logement n’est pas meublé au 1er janvier — mais attention, un bien vacant tombe alors dans le champ de la taxe sur les logements vacants, applicable dans les communes en zone tendue, qui peut atteindre 34 %.
Si le propriétaire confie le bien à une agence de location via un mandat de gestion exclusif, cela ne change rien : il reste la personne qui dispose du logement et donc redevable.
Comment est calculée la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et les meublés de tourisme ?
Le calcul est mécanique : valeur locative cadastrale du logement multipliée par le taux d’imposition voté par la commune. La valeur locative est une référence théorique fixée par l’administration fiscale, revalorisée chaque année selon l’inflation. Pour un studio de 25 m² en zone moyenne, elle se situe autour de 2 500 à 4 000 €. Pour un appartement familial parisien, 8 000 à 15 000 €. Le taux communal varie de 10 % à 30 %.
Sur un studio à 3 000 € de base et 22 % de taux, vous payez 660 €/an avant majoration éventuelle.
La déclaration d’occupation obligatoire
Depuis 2023, tout propriétaire d’un bien immobilier doit déclarer la situation du logement sur impots.gouv.fr (rubrique « Gérer mes biens immobiliers ») : résidence principale, résidence secondaire (incluant un meublé de tourisme), logement vacant, ou logement loué. L’omission expose à 150 € d’amende par local. La déclaration n’est nécessaire qu’en cas de changement.
Pourquoi la taxe peut être majorée en zones tendues ?
L’article 1407 ter du Code général des impôts permet aux communes en zone tendue d’appliquer une majoration de 5 % à 60 % sur la taxe des résidences secondaires. La mesure vise à freiner la transformation des logements habituels en meublés de tourisme. Les communes peuvent voter une majoration différente chaque année.
Au 1er janvier 2024, le périmètre s’est élargi : les communes avec une forte proportion de résidences secondaires sont devenues éligibles, même hors grande agglomération. Plus de 3 000 communes touristiques (stations balnéaires, montagne, Provence, Pays Basque, Bretagne, Côte d’Azur) appliquent désormais une majoration. Pour vérifier, le simulateur impots.gouv.fr « Vérifier si la TLV s’applique » est l’outil officiel.
Sur un studio à 660 € de base, une majoration de +60 % porte à 1 056 €/an. Sur un appartement à 2 000 €, on monte à 3 200 €.
Quelles exonérations pour les propriétaires de locations saisonnières ?
Les cas d’exonération sont restrictifs. Vous pouvez demander une exonération de la majoration (pas du prélèvement principal) si votre activité professionnelle vous oblige à résider près du bien, si votre résidence principale est un EHPAD, ou si le logement n’est pas habitable pour cause étrangère à votre volonté.
Une exonération plus large existe en ZFRR (zones France ruralités revitalisation) : sur délibération communale avant le 1er octobre, les chambres d’hôtes et les meublés de tourisme classés peuvent en bénéficier.
Stratégie structurelle : transformer juridiquement le bien en local professionnel via un mandat de gestion exclusif avec une agence professionnelle. Le bien sort alors du champ de la taxe d’habitation (réservée aux locaux d’habitation) et bascule en CFE uniquement. Cette manœuvre demande un accompagnement comptable car elle modifie aussi le régime de TVA.
Quels autres impôts payer : taxe foncière et la CFE ?
Taxe foncière : toujours due par le propriétaire, indépendamment de l’occupation. Elle s’élève à 30-80 % de l’habitation selon la commune. Les deux taxes (la première et la seconde) s’additionnent sur le même bien immobilier.
Cotisation foncière des entreprises : due par tout loueur en meublé exerçant à titre habituel. Vous y êtes assujetti dès lors que vos recettes dépassent 5 000 €/an. Vous êtes exonéré pour une location occasionnelle de la résidence principale ou d’une résidence secondaire. Le minimum de cotisation est d’environ 240 € à 7 000 € selon le chiffre d’affaires.
Taxe de séjour : collectée par le propriétaire (ou par Airbnb/Booking automatiquement) auprès du locataire et reversée à la commune. Entre 0,20 € et 5 € par nuit et par adulte selon les communes.
Comment la loi Le Meur a transformé la fiscalité Airbnb en 2026 ?
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 a réformé en profondeur l’imposition des meublés de tourisme. Trois changements majeurs.
Premièrement, l’abattement micro-BIC pour les meublés tourisme non classés est passé de 71 % à 30 %, avec un plafond de chiffre d’affaires divisé par plus de 12 (188 700 € → 15 000 €). Pour les meublés de tourisme classés, l’abattement passe à 50 % avec un plafond à 77 700 €. Les loueurs non classés sont les grands perdants. Pour un meublé de tourisme non classé qui dépasse 15 000 € de recettes, le passage au régime réel simplifié devient automatique — souvent plus avantageux d’ailleurs grâce aux amortissements comptables.
Deuxièmement, depuis le 15 février 2026 (mesure de la loi de finances pour 2026 et confirmation de la loi Le Meur), les amortissements déduits en LMNP au régime réel sont réintégrés dans le prix d’acquisition lors de la cession. La fiscalité de sortie s’est donc durcie pour le loueur en meublé non professionnel.
Troisièmement, la loi a renforcé les pouvoirs des maires pour limiter le nombre de jours par an de location courte durée et imposer un numéro d’enregistrement systématique. Cette taxe d’habitation sur les résidences pèse désormais conjointement avec ces nouvelles contraintes administratives.
Combien d’impôt total sur les revenus de location saisonnière en 2026 ?
Cas concret : une location meublée saisonnière de 25 m² en zone tendue, 18 000 € de recettes, non classée tourisme.
| Poste | Montant annuel |
|---|---|
| Taxe d’habitation de base | 660 € |
| Majoration +30 % | 198 € |
| Taxe foncière | ~450 € |
| CFE | 400 € |
| Taxe de séjour (collectée par Airbnb) | neutre |
| Imposition micro-BIC (TMI 30 % + PS 17,2 %) | 5 947 € |
| Total prélèvements annuels | 7 655 € |
Soit un taux effectif de 42,5 % des recettes. La location saisonnière reste rentable, mais nettement moins automatique qu’en 2018-2022. Le calcul fiscal doit se faire avant l’achat, pas après.
À l’Académie Investir et Réussir, on travaille systématiquement ces calculs avec les membres avant tout investissement en meublé de tourisme : valeur locative cadastrale du logement visé, taux communal, présence ou non de la majoration, classement tourisme envisageable, régime fiscal optimal. C’est ce qui sépare un investissement réellement rentable d’une opération qui consomme votre énergie sans vous enrichir.
