Article mis à jour le 28 septembre 2026.
Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax est passée de 30 % à 31,4 %. La flat tax 2026 pénalise désormais un peu plus les revenus du capital, avec un impact direct sur les dividendes, les plus-values et les intérêts perçus sur un compte-titres ordinaire. Cette hausse mécanique de 1,4 point vient d’une augmentation de la CSG sur les revenus du capital votée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Elle touche chaque épargnant qui perçoit des dividendes, réalise des plus-values sur ses actions, ou tire des intérêts d’un compte à terme.
Cette hausse peut sembler modeste sur le papier, mais elle rogne systématiquement le rendement net de vos placements financiers. Sur 10 000 € de dividendes distribués en 2026, elle représente 140 € prélevés en plus par rapport à 2025. Sur un portefeuille qui verse 30 000 € par an, elle grimpe à 420 €. Multipliée par les années de détention, la note devient réelle.
Investisseur en bourse depuis plus d’une décennie, j’ai vu passer les trois grandes réformes fiscales qui ont modelé la fiscalité de l’épargne française : la création de la flat tax en 2018, la stabilité du taux à 30 % pendant sept ans, et cette hausse à 31,4 % en 2026. À chaque étape, la même règle s’applique : la fiscalité est le premier levier de rendement. Un investisseur qui optimise sa fiscalité gagne mécaniquement 2 à 5 points de rendement net par an, sans prendre aucun risque supplémentaire.
Ce guide vous montre exactement comment la flat tax fonctionne en 2026, sur quels revenus elle s’applique au nouveau taux de 31,4 %, quels revenus restent à 30 % ou moins, comment choisir entre flat tax et barème progressif, et quels leviers légaux vous permettent de la réduire. Cet article s’inscrit dans notre guide fiscalité et patrimoine qui couvre l’ensemble des impôts qui pèsent sur votre argent.
Réponse rapide : la flat tax en 2026
La flat tax (ou PFU) est passée de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026. Elle se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu (inchangé) et 18,6 % de prélèvements sociaux (au lieu de 17,2 %). La hausse vient de l’augmentation de la CSG sur les revenus du capital, votée par la loi de financement de la Sécurité sociale 2026.
Revenus concernés à 31,4 % : dividendes, plus-values de cession de valeurs mobilières (actions, ETF, OPCVM), intérêts sur obligations et comptes à terme, gains de cession de crypto-actifs, PEL et CEL ouverts après 2018, le tout détenu sur un compte-titres ordinaire.
Régimes préservés à 30 % ou moins : assurance-vie (prélèvements sociaux à 17,2 % maintenus, taux réduit à 24,7 % après 8 ans avec abattement), PEA après 5 ans (exonération d’IR + PS à 17,2 %), livrets réglementés (livret A, LDDS, LEP, livret jeune, totalement exonérés).
Option barème progressif : possible chaque année en cochant la case 2OP de la déclaration 2042. Devient plus favorable que la flat tax en dessous d’une TMI de 30 % pour les plus-values et 41 % pour les dividendes éligibles à l’abattement de 40 %.
Qu’est-ce que la flat tax et comment fonctionne-t-elle en 2026 ?
La flat tax, techniquement appelée prélèvement forfaitaire unique (PFU), est un impôt à taux fixe qui s’applique par défaut aux revenus du capital financier des particuliers. Elle a été créée par la loi de finances pour 2018 dans le cadre de la réforme fiscale portée par Emmanuel Macron, avec un objectif double : simplifier la fiscalité de l’épargne et alléger sa charge.
Définition simple de la flat tax (PFU)
La flat tax est un prélèvement à taux unique qui remplace, pour les revenus du capital, l’ancien système d’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Concrètement, quand vous percevez un dividende, réalisez une plus-value sur des actions ou encaissez des intérêts, ce revenu subit une imposition globale au taux forfaitaire fixé par la loi, indépendamment de votre tranche marginale d’imposition (TMI) ou de vos autres revenus.
Le principe est resté inchangé depuis 2018 : un taux unique, une assiette large, une application automatique par défaut. Ce qui a changé au 1er janvier 2026, c’est la valeur du taux : 31,4 % au lieu de 30 % précédemment.
Origine : de la réforme Macron 2018 à la LFSS 2026
Avant 2018, les revenus du capital étaient imposés au barème progressif, avec un taux d’imposition qui pouvait atteindre 45 % pour les tranches les plus élevées, auquel s’ajoutaient les prélèvements sociaux. Cette imposition pénalisait fortement l’épargne, en particulier pour les cadres et les foyers aisés qui subissaient une TMI élevée sur leurs dividendes ou leurs plus-values de cession.
La réforme de 2018 a introduit un choix : soit vous restez au barème progressif (option globale à cocher chaque année), soit vous acceptez le prélèvement forfaitaire unique à 30 %. Pour la majorité des épargnants, cette option a représenté un allégement fiscal important, notamment pour ceux dont la TMI dépasse 30 %.
Huit ans plus tard, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a modifié un des deux composants du taux : les prélèvements sociaux, en augmentant la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Cette modification a fait passer mécaniquement le taux global de la flat tax de 30 % à 31,4 %, sans que la part liée à l’impôt sur le revenu ne bouge d’un iota.
Pourquoi la flat tax reste-t-elle un choix par défaut ?
La flat tax reste avantageuse dans deux situations principales. La première concerne les épargnants dont la tranche marginale d’imposition dépasse 30 %. Sur un dividende, la flat tax à 31,4 % correspond à une imposition inférieure à celle qu’imposerait le barème progressif à 41 % ou 45 % additionné des prélèvements sociaux.
La seconde raison est la simplicité administrative. La flat tax s’applique automatiquement au moment du versement des revenus, sans qu’aucune démarche ne soit nécessaire, et le prélèvement à la source de 12,8 % constitue déjà un acompte de l’impôt final. À la déclaration annuelle, il suffit de reporter les montants dans les cases appropriées et l’administration fiscale ajuste la note. Aucune arithmétique compliquée n’est demandée à l’épargnant.
Le nouveau taux de la flat tax en 2026 : 31,4 %
Le 1er janvier 2026 marque la première augmentation de la flat tax depuis sa création en 2018. Cette hausse ne vient pas d’un changement de politique fiscale sur l’impôt sur le revenu, mais d’un ajustement des prélèvements sociaux voté dans le cadre de la LFSS 2026.
Décomposition : 12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux
Le taux global de 31,4 % se décompose en deux blocs distincts. Le premier bloc, 12,8 %, correspond à l’impôt sur le revenu forfaitaire. Ce taux n’a pas bougé depuis 2018 et reste inchangé en 2026. Il représente la part de l’imposition qui alimente le budget de l’État.
Le second bloc, 18,6 %, correspond aux prélèvements sociaux. C’est ce bloc qui a augmenté au 1er janvier 2026, passant de 17,2 % à 18,6 %, soit une hausse de 1,4 point.
Ces prélèvements sociaux se décomposent eux-mêmes en trois contributions : la CSG (contribution sociale généralisée), la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) et le prélèvement de solidarité. C’est spécifiquement la CSG sur les revenus du capital qui a été augmentée par la LFSS 2026, passant de 9,2 % à 10,6 %. Les deux autres contributions (CRDS à 0,5 % et prélèvement de solidarité à 7,5 %) restent identiques.
La hausse de la CSG sur les revenus du capital (9,2 % à 10,6 %)
Cette hausse de la CSG a été justifiée par le gouvernement dans le cadre du financement de la Sécurité sociale. En rehaussant la CSG appliquée aux revenus du capital sans toucher au taux d’impôt sur le revenu, le législateur maintient le principe d’une imposition forfaitaire tout en captant davantage de recettes fiscales sur les épargnants les plus actifs. Le rendement estimé de cette hausse est de plusieurs centaines de millions d’euros par an pour le budget social.
Pour l’épargnant, la conséquence est purement mécanique. Sur 1 000 € de dividendes bruts perçus, l’imposition passe de 300 € à 314 €. Sur 10 000 €, elle passe de 3 000 € à 3 140 €. La perte de rendement est donc de 1,4 % du revenu brut chaque année, qu’il s’agisse de dividendes réguliers ou de plus-values ponctuelles.
Date d’application : dividendes de décembre 2025 vs janvier 2026
La règle d’application de la nouvelle CSG suit le principe du fait générateur. Pour les revenus mobiliers (dividendes, intérêts), le fait générateur est la date de mise à disposition du revenu. Concrètement, un dividende versé en décembre 2025 reste soumis à la flat tax à 30 %, tandis que le même dividende versé en janvier 2026 subit désormais 31,4 %.
Cette règle a créé une petite fenêtre d’opportunité pour les épargnants qui pouvaient influencer la date de distribution de leurs dividendes, en particulier les dirigeants de sociétés qui contrôlent leur propre politique de rémunération. Pour la majorité des épargnants passifs, la date est celle décidée par la société qui verse le dividende, et le calendrier subi.
La rétroactivité de la hausse sur les plus-values 2025
Le cas des plus-values de cession est plus subtil. Le PFU sur les plus-values ne s’applique pas au moment de la vente des titres, mais au moment de la déclaration annuelle des revenus, c’est-à-dire l’année suivante. En pratique, une plus-value réalisée en 2025 est déclarée au printemps 2026 et taxée à ce moment.
La LFSS 2026 a précisé que la nouvelle CSG à 10,6 % s’applique aux prélèvements sociaux dus au titre de l’année 2025, dès lors qu’ils sont exigibles en 2026. Autrement dit, une plus-value que vous auriez encaissée en juin 2025 en pensant être imposé à 30 % globalement subit finalement 31,4 %, parce que la taxation intervient en 2026. Cette rétroactivité de fait a suscité de nombreuses critiques dans le milieu de la gestion de patrimoine, mais elle est bien effective.
Sur quels revenus la flat tax de 31,4 % s’applique-t-elle ?
Le champ d’application de la flat tax est large mais pas universel. Elle couvre l’essentiel des revenus de l’épargne financière hors immobilier, avec quelques régimes dérogatoires qu’il faut connaître.
Les dividendes d’actions et parts sociales sur CTO
La flat tax dividendes concerne les dividendes versés par les sociétés cotées et non cotées, quand ils sont perçus via un compte-titres ordinaire (CTO). Ils sont soumis à la flat tax à 31,4 % en 2026. Cela concerne les dividendes d’entreprises françaises et étrangères, les distributions de SICAV et de FCP (fonds communs de placement), ainsi que les revenus versés par les dividendes d’actions au sens large.
Le mécanisme fonctionne en deux temps. Au moment du versement, votre courtier prélève automatiquement 12,8 % d’acompte au titre de l’impôt sur le revenu, et vous verse le net de cet acompte plus les prélèvements sociaux de 18,6 %. L’année suivante, à la déclaration de revenus, l’administration fiscale ajuste le solde en fonction de votre situation globale.
Les plus-values de cession de valeurs mobilières (actions, ETF, OPCVM)
Les plus-values réalisées lors de la vente d’actions, d’ETF, de parts d’OPCVM (SICAV, FCP) ou d’autres valeurs mobilières détenues sur un CTO sont soumises à la flat tax à 31,4 %. Le calcul se fait au moment de la déclaration de revenus, sur la base du prix de cession moins le prix d’acquisition.
Contrairement aux dividendes, il n’y a pas d’acompte prélevé au moment de la vente. Vous encaissez le montant brut de votre plus-value et l’impôt est réglé l’année suivante en une seule fois, au moment de la régularisation fiscale.
Les intérêts (obligations, comptes à terme, PEL et CEL post-2018)
Tous les intérêts perçus sur des placements à revenu fixe sont concernés par la flat tax : coupons d’obligations, intérêts de comptes à terme, produits de comptes de dépôt rémunérés, intérêts capitalisés sur PEL et CEL ouverts après le 1er janvier 2018. Le prélèvement se fait au fil de l’eau, avec le même mécanisme d’acompte de 12,8 % que pour les dividendes.
Cas particulier à connaître : les intérêts capitalisés sur un PEL ouvert avant le 1er janvier 2018 restent exonérés d’impôt sur le revenu pendant les 12 premières années du plan, et ne subissent que les prélèvements sociaux. Ce régime dérogatoire ne concerne plus les nouveaux plans.
Les crypto-actifs sur les gains de cession
Depuis 2019, les gains de cession de crypto-actifs (bitcoin, ethereum et autres) réalisés à titre non professionnel sont imposés selon un régime spécifique aligné sur la flat tax. En 2026, le taux global applicable est donc de 31,4 %, avec le même mécanisme que pour les plus-values sur valeurs mobilières : imposition au moment de la déclaration annuelle, possibilité d’option pour le barème progressif si vous le souhaitez, imputation des moins-values sur les plus-values de même nature.
Attention : cette règle s’applique uniquement aux investisseurs particuliers occasionnels. Les personnes qui exercent une activité habituelle d’achat-revente de crypto-actifs (trading intensif) relèvent du régime des bénéfices non commerciaux (BNC), avec une imposition différente.
Les revenus où la flat tax reste à 30 % ou moins
Tous les placements ne subissent pas la hausse à 31,4 %. Plusieurs régimes dérogatoires conservent un taux réduit, soit sur l’impôt sur le revenu, soit sur les prélèvements sociaux, soit sur les deux.
L’assurance-vie : prélèvements sociaux à 17,2 % maintenus
La flat tax assurance vie est le régime dérogatoire le plus important à connaître en 2026. L’assurance-vie bénéficie d’un régime fiscal spécifique qui n’a pas été modifié par la LFSS 2026. Les prélèvements sociaux appliqués aux produits d’assurance-vie restent à 17,2 %, ce qui préserve le taux global de la flat tax à 30 % sur ce support.
Le régime fiscal de l’assurance-vie dépend en outre de l’ancienneté du contrat. Pour un contrat de moins de 8 ans, les rachats subissent 12,8 % d’IR + 17,2 % de PS = 30 % au total. Pour un contrat de plus de 8 ans, le taux d’IR chute à 7,5 % (dans la limite de 150 000 € de versements par personne), soit une imposition globale de 24,7 % après application de l’abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple).
Cette différence de 1,4 point avec la flat tax standard rend l’assurance-vie encore plus attractive en 2026 qu’elle ne l’était auparavant, en particulier pour les épargnants qui construisent un patrimoine long terme.
Le PEA après 5 ans : exonération d’IR et PS à 17,2 %
Le régime flat tax PEA est le second grand gagnant de la LFSS 2026. Le plan d’épargne en actions (PEA) conserve intégralement ses règles fiscales spécifiques. Ses règles fiscales spécifiques n’ont pas été modifiées : après 5 ans de détention, les gains réalisés sur un PEA sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu, et ne subissent que les prélèvements sociaux à 17,2 % (taux préservé).
En pratique, un investisseur qui loge ses actions européennes dans un PEA plutôt que dans un CTO paie 17,2 % de fiscalité sur ses gains après 5 ans, contre 31,4 % sur un CTO en 2026. L’écart est désormais de 14,2 points, contre 12,8 points auparavant. Le PEA n’a jamais été aussi rentable comparativement.
Cette différence est mécanique. Sur 100 000 € de plus-values réalisées après 5 ans, le PEA vous laisse 82 800 € net, quand le CTO vous laisse seulement 68 600 €. Sur une carrière d’épargnant, la différence se chiffre en dizaines voire centaines de milliers d’euros.
Les livrets réglementés : livret A, LDDS, LEP, livret jeune
Les livrets d’épargne réglementés restent totalement hors du champ de la flat tax. Le livret A, le LDDS (livret de développement durable et solidaire), le LEP (livret d’épargne populaire) et le livret jeune conservent une exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Leurs intérêts sont donc nets de toute imposition.
Ce régime dérogatoire est un choix politique de longue date pour préserver l’épargne populaire. Le prix à payer est une rémunération plafonnée par les taux réglementés (2,5 % pour le livret A au 1er février 2026), bien inférieurs à ce qu’un portefeuille actions peut rapporter sur le long terme.
Le PEL de moins de 12 ans souscrit avant 2018
Le plan d’épargne logement (PEL) ouvert avant le 1er janvier 2018 conserve son régime historique : exonération d’impôt sur le revenu pendant les 12 premières années, seuls les prélèvements sociaux étant dus au taux de l’année d’imposition. Cela signifie que les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 % sur les intérêts capitalisés à partir de 2026, mais l’exonération d’IR reste acquise.
Les PEL ouverts à partir du 1er janvier 2018 relèvent en revanche du régime de droit commun de la flat tax à 31,4 %, ce qui les a rendus beaucoup moins attractifs. C’est une des raisons de la chute des ouvertures de PEL depuis la réforme.
Flat tax ou barème progressif : comment choisir en 2026 ?
La flat tax s’applique par défaut, mais chaque épargnant peut choisir chaque année d’opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Ce choix est global : il concerne l’ensemble de vos revenus du capital de l’année, sans possibilité de le fractionner.
Le principe de l’option globale et son caractère irrévocable
L’option pour le barème progressif se fait au moment de la déclaration annuelle, en cochant la case 2OP de la déclaration 2042. Cette option est valable pour l’année en cours et couvre tous vos revenus mobiliers et gains de cession sans exception. Elle est irrévocable pour l’année concernée : une fois cochée, elle ne peut être annulée.
L’année suivante, vous pouvez à nouveau choisir entre flat tax et barème selon votre situation. Cette souplesse annuelle permet d’ajuster votre stratégie fiscale en fonction des revenus perçus, mais elle demande de bien anticiper l’arbitrage.
À partir de quel TMI la flat tax devient plus intéressante ?
Le calcul d’arbitrage repose sur une règle simple : la flat tax est plus favorable dès que votre tranche marginale d’imposition (TMI) dépasse un certain seuil, en tenant compte des abattements accessibles avec le barème progressif.
Pour les plus-values sans abattement pour durée de détention, le seuil de bascule est autour de 14,4 % d’IR pur, ce qui correspond à une TMI de 30 %. En dessous de cette TMI, le barème progressif est plus intéressant. Au-dessus, la flat tax devient meilleure.
Pour les dividendes, le calcul est différent car le barème progressif permet un abattement de 40 % sur les revenus distribués. Cet abattement décale le seuil de bascule autour d’une TMI de 41 %. Autrement dit, un contribuable dans la tranche 30 % a intérêt à opter pour le barème progressif sur ses dividendes, mais pas sur ses plus-values.
Cette différence rend l’arbitrage complexe pour les épargnants qui perçoivent à la fois des dividendes et des plus-values dans l’année, puisque l’option est globale.
Les abattements accessibles avec le barème progressif
Le barème progressif ouvre l’accès à plusieurs abattements que la flat tax ferme. Le principal est l’abattement de 40 % sur les dividendes éligibles (essentiellement les dividendes d’actions françaises et de certaines actions européennes). Cet abattement réduit fortement l’assiette imposable au barème progressif.
Deux autres avantages accompagnent l’option barème : la déductibilité partielle de la CSG (6,8 % déductible sur les 10,6 % totaux, à reporter l’année suivante sur le revenu global), et pour les plus-values sur titres acquis avant le 1er janvier 2018, l’abattement pour durée de détention de droit commun (50 % après 2 à 8 ans, 65 % au-delà de 8 ans).
Cet abattement pour durée de détention est particulièrement intéressant pour les épargnants qui détenaient un portefeuille bien avant la réforme de 2018 et qui vendent aujourd’hui.
Cas type : TMI 11 %, 30 %, 41 %, 45 %
Prenons l’exemple d’un épargnant qui perçoit 10 000 € de dividendes bruts d’actions françaises éligibles à l’abattement de 40 %.
Avec la flat tax à 31,4 %, l’imposition est de 3 140 €. Net de fiscalité : 6 860 €.
Avec le barème progressif à TMI 11 % : l’abattement de 40 % ramène l’assiette IR à 6 000 €. L’IR est donc de 660 € + les prélèvements sociaux de 1 060 € (10,6 % sur 10 000 €). Imposition totale : 1 720 €. Net : 8 280 €. Le barème est ici bien plus favorable (+1 420 € net).
Avec le barème progressif à TMI 30 % : IR de 1 800 € sur l’assiette abattue + PS de 1 060 € = 2 860 €. Net : 7 140 €. Le barème reste plus favorable que la flat tax (+280 €).
Avec le barème progressif à TMI 41 % : IR de 2 460 € + PS de 1 060 € = 3 520 €. Net : 6 480 €. Ici, la flat tax redevient plus favorable (+380 €).
Avec le barème progressif à TMI 45 % : IR de 2 700 € + PS de 1 060 € = 3 760 €. Net : 6 240 €. La flat tax est encore plus favorable (+620 €).
Le seuil de bascule sur les dividendes se situe donc entre 30 % et 41 % de TMI. Pour les plus-values sans abattement de 40 %, le seuil est plus bas.
La flat tax appliquée aux plus-values de cession d’actions
Les plus-values de cession de valeurs mobilières représentent le second grand poste d’application de la flat tax, après les dividendes. Leur calcul demande une attention particulière car plusieurs paramètres peuvent modifier substantiellement le résultat.
Comment calculer une plus-value imposable ?
Le principe de calcul est simple : la plus-value imposable est la différence entre le prix de cession (ce que vous recevez à la vente) et le prix d’acquisition (ce que vous avez payé à l’achat). Cette différence, si elle est positive, constitue votre plus-value taxable. Si elle est négative, vous avez réalisé une moins-value, qui pourra être imputée sur des plus-values futures.
Concrètement, si vous avez acheté 100 actions Air Liquide à 150 € en 2022 et que vous les vendez à 180 € en 2026, votre plus-value brute est de (180 – 150) × 100 = 3 000 €. C’est ce montant qui sert de base au calcul de la flat tax.
Les frais déductibles du prix de cession
Vous pouvez déduire du prix de cession les frais directement liés à la vente : commissions du courtier, frais de garde imputés sur l’opération, taxes de bourse le cas échéant. Ces frais réduisent l’assiette imposable et donc l’impôt final.
Du côté du prix d’acquisition, vous pouvez majorer le prix payé initialement des frais d’achat (commissions, frais de tenue de compte spécifiques à l’opération). Le calcul devient donc : plus-value = (prix de cession – frais de cession) – (prix d’acquisition + frais d’acquisition).
Sur des opérations de faible montant, ces frais restent marginaux. Sur des cessions importantes ou des courtiers à commissions élevées, ils peuvent représenter plusieurs centaines d’euros d’économie d’impôt.
Les abattements pour durée de détention (titres acquis avant 2018)
Un régime dérogatoire important concerne les titres acquis avant le 1er janvier 2018. Pour ces titres, un abattement pour durée de détention reste applicable, mais uniquement si vous optez pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Sous flat tax, cet abattement ne s’applique pas.
L’abattement de droit commun est de 50 % pour une détention entre 2 et 8 ans, et de 65 % au-delà de 8 ans. Il ne concerne que l’assiette IR, pas les prélèvements sociaux.
Un abattement renforcé peut aller jusqu’à 85 % pour les titres de PME souscrits dans les dix premières années suivant la création de la société, sous conditions strictes.
Pour un épargnant qui détient un portefeuille bâti avant 2018, l’arbitrage flat tax vs barème progressif doit intégrer cet abattement, qui peut faire pencher la balance vers le barème même à TMI élevée.
L’imputation des moins-values sur 10 ans
Si vous réalisez une moins-value sur une cession, elle peut être imputée sur les plus-values de même nature (c’est-à-dire sur valeurs mobilières) réalisées la même année. Si vos moins-values excèdent vos plus-values de l’année, le reliquat est reporté et imputable pendant les 10 années suivantes.
Ce mécanisme permet une gestion fiscale active : en fin d’année, si vous avez réalisé de fortes plus-values, il peut être intéressant de céder des lignes en moins-value latente pour compenser et réduire votre imposition finale. Cette technique s’appelle le tax loss harvesting et est parfaitement légale.
La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) en 2026
En complément de la hausse de la flat tax, la loi de finances pour 2025 a introduit une nouveauté fiscale qui concerne les hauts revenus : la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR), effective depuis 2025 et pérennisée en 2026.
Qui est concerné : seuils 250 000 € et 500 000 €
La CDHR vise les contribuables domiciliés fiscalement en France dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse 250 000 € pour un célibataire, veuf, séparé ou divorcé, ou 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune. En dessous de ces seuils, la CDHR ne s’applique pas et vous restez dans le régime standard flat tax + éventuelle Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR).
Concrètement, un cadre supérieur qui perçoit 200 000 € de salaire brut annuel et 60 000 € de dividendes reste sous le seuil et n’est pas concerné. Un dirigeant qui touche 400 000 € entre rémunération et dividendes bascule dans le champ de la CDHR s’il est célibataire.
Le mécanisme d’imposition minimale à 20 %
La CDHR garantit une imposition minimale globale à 20 % du revenu fiscal de référence. Le calcul est différentiel : la contribution est égale à la différence, quand elle est positive, entre 20 % du RFR et la somme de l’impôt sur le revenu, de la CEHR, et des prélèvements libératoires payés par le foyer.
Autrement dit, si votre imposition totale (IR + CEHR + prélèvements libératoires comme la flat tax) est déjà supérieure à 20 % de votre RFR, la CDHR ne s’applique pas. Elle est nulle. Si elle est inférieure, la CDHR vient combler la différence pour vous porter à 20 %.
Comment la CDHR interagit avec la flat tax
La flat tax entre pleinement dans le calcul de la CDHR côté imposition versée. Un contribuable qui perçoit d’importants dividendes et paie 31,4 % de flat tax dessus additionne cette imposition à son IR classique pour vérifier s’il atteint le seuil de 20 % du RFR. Dans la majorité des cas, les épargnants aux hauts revenus atteignent naturellement ce seuil et la CDHR ne s’active pas.
En revanche, les contribuables qui perçoivent une grande partie de leurs revenus via des dispositifs faiblement taxés (assurance-vie de plus de 8 ans avec abattement, PEA exonéré d’IR, revenus fonciers avec fortes charges) peuvent voir leur taux effectif d’imposition tomber sous 20 % et déclencher la CDHR.
Cas pratique : cadre supérieur touchant 300 000 € de dividendes
Prenons un dirigeant célibataire qui perçoit 300 000 € de dividendes bruts en 2026, avec 50 000 € de salaire par ailleurs, et un RFR global de 340 000 €.
Sur les 300 000 € de dividendes, la flat tax à 31,4 % coûte 94 200 €. Sur les 50 000 € de salaire, l’IR au barème est d’environ 8 500 €. La CEHR (au-delà de 250 000 €) vient ajouter environ 3 000 € au titre du dépassement du seuil. Imposition totale : 105 700 €.
Le seuil CDHR à 20 % du RFR de 340 000 € correspond à 68 000 €. L’imposition totale de 105 700 € dépasse largement ce seuil. La CDHR est donc nulle et le contribuable en reste au régime standard.
Si le même dirigeant avait perçu ses revenus principalement via une assurance-vie de plus de 8 ans (taxée à 24,7 %) et un PEA exonéré, son imposition effective serait descendue autour de 60 000 €. La CDHR aurait alors comblé la différence jusqu’à 68 000 €, ajoutant 8 000 € d’impôt supplémentaire.
Comment déclarer la flat tax sur votre déclaration de revenus ?
La déclaration de la flat tax est simple pour la majorité des épargnants, car le mécanisme du prélèvement à la source automatise une bonne partie du travail. Il reste néanmoins quelques cases à surveiller pour éviter les erreurs.
Les cases à remplir sur la déclaration 2042 et 2074
Pour les dividendes et intérêts reçus dans l’année, votre courtier ou votre banque transmet directement à l’administration fiscale un imprimé fiscal unique (IFU) qui récapitule les montants versés et les acomptes prélevés. Ces montants sont préremplis sur votre déclaration 2042, dans les cases 2DC (dividendes), 2TR (intérêts et produits assimilés) et 2CG (revenus déjà soumis aux prélèvements sociaux).
Pour les plus-values de cession, la déclaration se fait via l’imprimé 2074 spécifique aux plus-values, qui détaille chaque cession de l’année. Le montant net des plus-values, après imputation des moins-values, est ensuite reporté sur la 2042 dans les cases 3VG (plus-values imposables) ou 3VH (moins-values imputables).
Une lecture attentive de votre IFU au moment de la déclaration permet de repérer immédiatement d’éventuelles anomalies : dividendes manquants, moins-values non déclarées, acomptes mal calculés.
Le rôle du prélèvement à la source de 12,8 %
Le prélèvement à la source de 12,8 % appliqué au moment du versement des dividendes et intérêts constitue un acompte de l’impôt sur le revenu. Cet acompte est prérempli dans la case 2CK de votre déclaration. Il vient en déduction de l’impôt final dû au titre de la flat tax ou du barème progressif si vous avez opté pour ce régime.
Concrètement, si vous avez perçu 10 000 € de dividendes, votre courtier a prélevé 1 280 € au titre de l’acompte IR. L’année suivante, votre impôt total sur ces dividendes est calculé (soit 1 280 € en flat tax, soit un montant selon barème), et l’acompte de 1 280 € est déduit. En flat tax, le solde est nul. En barème plus favorable, un remboursement peut intervenir.
L’option pour le barème progressif : case 2OP
Pour opter pour le barème progressif à la place de la flat tax, vous devez cocher la case 2OP de votre déclaration. Cette case couvre l’intégralité de vos revenus mobiliers et gains de cession de l’année. Elle ne peut pas être partielle.
Une fois cochée, l’option est valable pour l’année en cours seulement. Elle ne se reconduit pas automatiquement. Si vous voulez maintenir le barème l’année suivante, vous devez recocher la case sur la déclaration correspondante.
La correction possible en année N+1
Si vous avez oublié de cocher la case 2OP alors que le barème vous aurait été plus favorable, ou inversement si vous avez coché sans avoir vérifié le calcul, une correction est possible via la déclaration rectificative en ligne, tant que la période de correction reste ouverte (généralement jusqu’à décembre de l’année N+1). Au-delà, une réclamation contentieuse reste possible pendant deux ans, mais elle demande de saisir formellement le service des impôts.
Le plus simple reste de faire une simulation flat tax vs barème avant de valider votre déclaration, à l’aide du simulateur officiel du site impots.gouv.fr ou d’un outil professionnel.
Comment optimiser ou éviter légalement la flat tax de 31,4 % ?
La flat tax est l’imposition par défaut, mais plusieurs stratégies parfaitement légales permettent de la réduire, la reporter ou l’éviter selon la structure de votre patrimoine et vos objectifs.
Loger vos titres dans un PEA plutôt qu’un CTO
C’est le levier le plus puissant pour un investisseur en actions européennes. Le PEA fonctionne comme une enveloppe fiscale : tant que vos gains restent à l’intérieur, aucune imposition n’est due. À la sortie (après 5 ans de détention minimum), seuls les prélèvements sociaux à 17,2 % s’appliquent sur les gains, l’impôt sur le revenu étant totalement exonéré.
En 2026, l’écart entre CTO et PEA après 5 ans est de 14,2 points : 31,4 % contre 17,2 %. Sur un portefeuille de 100 000 € qui génère 8 % de rendement annuel pendant 20 ans, la différence de fiscalité représente environ 50 000 € d’écart en faveur du PEA.
Attention : le PEA est plafonné à 150 000 € de versements par personne, il ne peut recevoir que des actions européennes ou des ETF éligibles, et tout retrait avant 5 ans clôture le plan. Ces contraintes doivent être prises en compte dans votre stratégie globale.
Utiliser l’assurance-vie de plus de 8 ans (abattement 4 600 / 9 200 €)
L’assurance-vie de plus de 8 ans est le deuxième outil d’optimisation majeur. Elle bénéficie de deux avantages cumulés : un taux d’IR abaissé à 7,5 % (au lieu de 12,8 %) dans la limite de 150 000 € de versements par personne, et un abattement annuel de 4 600 € pour un célibataire ou 9 200 € pour un couple sur les rachats.
Concrètement, un couple qui rachète 15 000 € de gains sur son contrat de plus de 8 ans applique d’abord l’abattement de 9 200 €, ce qui ramène l’assiette imposable à 5 800 €. Sur ce reliquat, l’IR est de 7,5 % soit 435 €, plus 17,2 % de PS soit 998 €. Imposition totale : 1 433 € sur 15 000 € de gains, soit un taux effectif de 9,5 %.
Comparé aux 31,4 % de flat tax sur un CTO, l’économie est spectaculaire. C’est pourquoi l’assurance-vie reste le contrat d’épargne préféré des Français.
Réaliser vos moins-values en fin d’année pour compenser
Si vous avez réalisé de fortes plus-values dans l’année, une technique classique consiste à céder en fin d’année des positions en moins-value latente pour compenser fiscalement. Les moins-values réalisées viennent réduire vos plus-values imposables, et donc votre flat tax finale.
Cette opération, souvent appelée tax loss harvesting, est parfaitement légale. La règle à respecter : vous devez avoir effectivement transféré la propriété des titres, pas seulement les avoir vendus et rachetés dans la même seconde. Un délai minimum entre la vente et un éventuel rachat de mêmes titres est prudent pour ne pas être requalifié en opération purement fiscale.
Cette technique demande une bonne connaissance de votre portefeuille et une action réfléchie en fin d’année, généralement entre décembre et le 31 décembre au plus tard.
Basculer vers le barème progressif quand il est plus favorable
Comme détaillé plus haut, pour les épargnants dont la TMI reste inférieure à 30 % (voire 41 % pour les dividendes éligibles à l’abattement de 40 %), le barème progressif est plus intéressant que la flat tax. Faites systématiquement une simulation avant de valider votre déclaration, surtout si vos revenus varient d’une année sur l’autre.
Le simulateur officiel du site impots.gouv.fr permet de tester les deux hypothèses en quelques minutes, en saisissant simplement votre situation familiale et vos revenus. Le gain fiscal peut représenter plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros par an selon votre profil.
Conclusion
La flat tax à 31,4 % en 2026 est une hausse modeste en apparence, mais qui rogne réellement le rendement net de tous les épargnants qui détiennent des titres sur un compte-titres ordinaire. Les 1,4 points supplémentaires représentent en moyenne 140 € prélevés en plus pour chaque 10 000 € de revenus du capital, soit sur une carrière d’investisseur plusieurs milliers voire dizaines de milliers d’euros de rendement en moins.
La bonne nouvelle, c’est que les deux enveloppes fiscales préférées des Français, l’assurance-vie et le PEA, conservent leurs régimes dérogatoires. L’écart de fiscalité avec le CTO n’a jamais été aussi large, ce qui renforce l’intérêt de structurer son patrimoine autour de ces enveloppes pour tout ce qui peut y entrer.
Prenez trente minutes cette semaine pour cartographier vos placements : combien de titres avez-vous sur CTO qui pourraient basculer vers un PEA ? Combien d’épargne dormante pourrait alimenter une assurance-vie plutôt qu’un livret ? Faites une simulation flat tax vs barème progressif sur impots.gouv.fr avant votre prochaine déclaration. Ces trois actions simples représentent le meilleur retour sur temps investi que vous puissiez faire cette année sur votre patrimoine financier.
FAQ — Vos questions sur la flat tax en 2026
Quel est le taux exact de la flat tax en 2026 ?
Le taux global de la flat tax en 2026 est de 31,4 %, contre 30 % auparavant. Il se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu (inchangé depuis 2018) et 18,6 % de prélèvements sociaux (au lieu de 17,2 %). La hausse de 1,4 point vient de l’augmentation de la CSG sur les revenus du capital, passée de 9,2 % à 10,6 % dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Cette hausse s’applique à la majorité des revenus du capital hors immobilier, sauf régimes dérogatoires comme l’assurance-vie et le PEA.
La flat tax s’applique-t-elle à tous les revenus du capital ?
Non. La flat tax de 31,4 % s’applique par défaut aux dividendes, intérêts et plus-values de cession de valeurs mobilières détenues sur un compte-titres ordinaire (CTO). Elle ne s’applique pas aux livrets réglementés (livret A, LDDS, LEP), qui restent totalement exonérés. L’assurance-vie conserve un régime spécifique avec des prélèvements sociaux à 17,2 % (donc taux global de 30 % maintenu). Le PEA après 5 ans est exonéré d’IR et supporte uniquement 17,2 % de PS. Le PEL de moins de 12 ans souscrit avant 2018 conserve son exonération d’IR historique.
Pourquoi la flat tax est-elle passée à 31,4 % en 2026 ?
La hausse à 31,4 % vient exclusivement d’une augmentation de la CSG sur les revenus du capital, votée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Le taux de CSG sur ces revenus est passé de 9,2 % à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux globaux de 17,2 % à 18,6 %. La part d’impôt sur le revenu (12,8 %) est restée inchangée. L’objectif du gouvernement est de renforcer le financement de la Sécurité sociale sans toucher au taux nominal d’impôt sur le revenu affiché.
Quelle est la différence entre flat tax et PFU ?
Aucune. La flat tax et le prélèvement forfaitaire unique (PFU) désignent exactement la même chose. PFU est le terme technique et administratif employé par l’administration fiscale et le Code général des impôts. Flat tax est le terme anglo-saxon utilisé dans la presse économique et le langage courant. Les deux termes désignent l’imposition forfaitaire unique à taux fixe qui s’applique par défaut aux revenus du capital des particuliers depuis 2018.
Comment savoir si la flat tax est plus avantageuse que le barème progressif ?
Le seuil de bascule dépend de votre tranche marginale d’imposition (TMI) et de la nature de vos revenus. Pour les plus-values sans abattement, la flat tax devient plus favorable à partir d’une TMI de 30 %. Pour les dividendes éligibles à l’abattement de 40 % au barème progressif, la flat tax devient plus favorable à partir d’une TMI de 41 %. En dessous de ces seuils, l’option pour le barème progressif via la case 2OP est plus intéressante. Faites toujours une simulation avec le simulateur officiel impots.gouv.fr avant de valider votre déclaration.
La flat tax s’applique-t-elle rétroactivement en 2026 ?
Oui, partiellement. Pour les dividendes et intérêts, la règle est simple : les revenus versés à partir du 1er janvier 2026 subissent 31,4 %, ceux versés en décembre 2025 subissent encore 30 %. Pour les plus-values de cession, la situation est plus complexe : les plus-values réalisées en 2025 sont déclarées et taxées en 2026, et la hausse de la CSG à 10,6 % s’applique alors, portant l’imposition globale de fait à 31,4 %. Cette rétroactivité de fait a été confirmée par l’administration fiscale.
L’assurance-vie subit-elle la hausse à 31,4 % ?
Non. L’assurance-vie conserve son régime fiscal spécifique en 2026. Les prélèvements sociaux appliqués aux produits d’assurance-vie restent à 17,2 %, ce qui préserve le taux global à 30 %. Pour un contrat de plus de 8 ans, le taux d’IR chute même à 7,5 % dans la limite de 150 000 € de versements par personne, soit une imposition globale de 24,7 % après application de l’abattement annuel de 4 600 € pour un célibataire ou 9 200 € pour un couple. L’assurance-vie est donc plus attractive que jamais en 2026 pour l’épargne long terme.
Le PEA est-il concerné par la flat tax de 31,4 % ?
Non. Le PEA bénéficie d’un régime fiscal dérogatoire qui n’a pas été modifié par la LFSS 2026. Après 5 ans de détention, les gains réalisés dans le PEA sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu, et ne subissent que les prélèvements sociaux à 17,2 % (taux préservé). L’écart avec un CTO taxé à 31,4 % est donc de 14,2 points en faveur du PEA. Le plafond de versement du PEA reste de 150 000 € par personne, avec un PEA-PME complémentaire à 225 000 €.
Qu’est-ce que la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) ?
La CDHR est un impôt complémentaire créé par la loi de finances 2025 et pérennisé en 2026. Elle vise les contribuables domiciliés en France dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour un célibataire ou 500 000 € pour un couple. Son mécanisme garantit une imposition minimale globale de 20 % du RFR : si votre imposition totale (IR + CEHR + prélèvements libératoires comme la flat tax) est déjà supérieure à ce seuil, la CDHR ne s’applique pas. Sinon, elle comble la différence. Elle vise principalement les hauts revenus dont les gains passent majoritairement par des dispositifs faiblement taxés.
Comment déclarer la flat tax sur ma déclaration de revenus ?
Les dividendes et intérêts sont préremplis dans les cases 2DC, 2TR et 2CG de la déclaration 2042 grâce à l’imprimé fiscal unique (IFU) transmis par votre courtier ou votre banque. L’acompte de 12,8 % prélevé au versement est prérempli en case 2CK. Pour les plus-values de cession, vous devez remplir la déclaration 2074 en détaillant chaque opération, puis reporter le total en case 3VG (plus-values imposables) ou 3VH (moins-values imputables) sur la 2042. Si vous voulez opter pour le barème progressif à la place de la flat tax, cochez la case 2OP.





