Amortir un bien immobilier locatif : le guide COMPLET 2025/2026

Le guide pour amortir un bien immobilier
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L’amortissement immobilier est une stratégie redoutablement efficace pour optimiser la rentabilité d’un investissement locatif, en particulier sous le statut LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel). Si vous cherchez à réduire votre impôt, valoriser votre patrimoine et maximiser les revenus issus de la location meublée, cet article vous guidera pas à pas pour comprendre comment amortir un bien immobilier avec intelligence et précision.

Dans le cadre d’un investissement immobilier locatif, le mécanisme d’amortissement vous permet de déduire progressivement la valeur d’un bien de vos recettes locatives. Cela peut générer un avantage fiscal considérable, notamment pour les particuliers souhaitant louer un logement en meublé. Mais attention : bien que puissant, ce levier doit être maîtrisé. Entre les règles fiscales spécifiques, la notion de composant, ou encore les particularités du statut LMNP, les subtilités sont nombreuses.

Cet article est fait pour vous si :

  • vous envisagez d’acheter un bien pour le louer meublé,

  • vous possédez déjà un logement en location meublée,

  • ou vous voulez simplement comprendre comment l’amortissement impacte votre fiscalité.

Prenez quelques minutes pour lire ce guide complet : il vous fera gagner des milliers d’euros d’impôt sur les années à venir. Et surtout, vous saurez comment amortir un bien immobilier de façon stratégique, légale, et pérenne.

Comprendre l’amortissement immobilier

Qu’est-ce que l’amortissement d’un bien ?

Amortir un bien immobilier, c’est répartir le coût d’acquisition de ce bien sur plusieurs années, pour tenir compte de sa perte de valeur progressive due à l’usure ou au temps. En comptabilité, cela se traduit par une charge non décaissée : vous ne payez pas d’argent, mais vous réduisez votre résultat fiscal. Résultat ? Vous baissez votre impôt sur le revenu, parfois jusqu’à l’annuler.

Contrairement aux charges classiques (intérêts d’emprunt, taxes foncières, travaux…), l’amortissement ne correspond pas à une sortie de trésorerie. Il s’agit d’un principe fiscal permettant d’imputer une dépréciation du bien sur vos revenus locatifs.

En location meublée non professionnelle (LMNP), l’amortissement est l’un des avantages fiscaux majeurs. Il s’applique sur la valeur hors terrain du bien immobilier (car le terrain ne se déprécie pas), mais aussi sur certains éléments comme le mobilier, les équipements et les travaux de rénovation. Ces composantes peuvent être amorties sur des durées plus courtes, selon leur nature.

Quelle est la durée d’amortissement d’un bien immobilier ?

La durée d’amortissement dépend de la nature du bien et des composants. En général :

  • Le bâtiment principal est amorti sur 25 à 40 ans.

  • Les équipements (chauffage, cuisine équipée, etc.) sur 5 à 10 ans.

  • Le mobilier sur 5 à 7 ans.

  • Les travaux de rénovation sur 10 à 15 ans, selon leur type.

Il est essentiel de distinguer les différentes parties du bien, car chaque composant a sa propre durée d’amortissement. Par exemple, une chaudière ou un ascenseur s’amortit plus vite qu’un mur porteur.

Pour les LMNP, l’administration fiscale n’impose pas de durée exacte, mais elle accepte des durées raisonnables et justifiables. C’est pourquoi faire appel à un expert-comptable ou à un logiciel de gestion LMNP est souvent recommandé. Cela permet de bien répartir les amortissements et d’éviter des redressements fiscaux.

L’amortissement comptable se pratique en mode linéaire : chaque année, un pourcentage fixe de la valeur du bien est amorti, jusqu’à ce que la totalité soit couverte.

Qu’est-ce que le LMNP ?

Le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP) s’adresse aux particuliers qui mettent en location meublée un bien immobilier sans en faire leur activité principale. Ce régime, bien encadré par la législation française, permet de générer des revenus locatifs tout en profitant d’un cadre fiscal très avantageux, notamment grâce à l’amortissement immobilier.

Pour bénéficier du statut LMNP, vous devez remplir les conditions suivantes :

  • Être propriétaire d’un bien meublé mis en location à titre non professionnel ;

  • Percevoir moins de 23 000 € de revenus locatifs annuels OU ces revenus doivent représenter moins de 50 % des revenus nets globaux de votre foyer fiscal ;

  • Ne pas être inscrit en tant que loueur en meublé professionnel (LMP).

Une fois ces conditions remplies, vous pouvez choisir le régime réel pour profiter de l’amortissement en LMNP. Ce régime vous permet de déduire chaque année des charges réelles (travaux, intérêts d’emprunt, frais de gestion, etc.), mais surtout de pratiquer l’amortissement du bien immobilier pour réduire ou annuler l’impôt sur le revenu généré par votre activité.

En quoi le LMNP permet-il l’amortissement immobilier ?

Le LMNP est l’un des seuls statuts permettant d’amortir un bien immobilier à usage d’habitation, ce qui en fait un outil fiscal très puissant. En effet, dans d’autres régimes comme la location nue, l’amortissement comptable du bien n’est pas autorisé. Le LMNP se distingue donc nettement par cette opportunité.

En régime réel, l’amortissement s’applique non seulement sur la valeur du bien (hors terrain), mais aussi sur :

  • Les meubles et équipements de la location meublée,

  • Les travaux de rénovation (hors gros œuvre),

  • Certaines dépenses annexes, comme les frais de notaire, répartis dans le prix d’acquisition.

Grâce à cet amortissement du bien immobilier, les revenus LMNP peuvent être largement neutralisés fiscalement, générant des résultats nets faibles voire nuls, sans impact réel sur la trésorerie. C’est ce mécanisme qui permet à des milliers d’investisseurs en location meublée de ne pas payer d’impôt sur leurs revenus locatifs pendant plusieurs années.

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En résumé, le statut LMNP n’est pas qu’un cadre fiscal avantageux. Il est aussi une boîte à outils permettant aux propriétaires d’amortir un bien immobilier de manière stratégique pour optimiser leurs investissements.

Les conditions pour amortir un bien immobilier

Qui peut amortir ?

Amortir un bien immobilier n’est pas ouvert à tous les propriétaires. Ce mécanisme fiscal s’adresse exclusivement à ceux qui optent pour la location meublée sous le statut LMNP ou LMP. En clair, si vous louez un logement vide, vous ne pouvez pas pratiquer l’amortissement immobilier. Le bien doit donc être meublé de manière à permettre une occupation immédiate par le locataire, conformément aux critères du décret du 31 juillet 2015.

Le propriétaire doit aussi :

  • S’inscrire auprès du greffe du tribunal de commerce avec un numéro SIRET lié à l’activité de location,

  • Choisir le régime réel d’imposition, qui permet le calcul des amortissements,

  • Tenir une comptabilité conforme aux règles en vigueur (souvent avec l’aide d’un expert-comptable).

Les particuliers peuvent donc bénéficier de cet avantage, à condition de bien respecter ces critères. Il est aussi important de noter que l’amortissement ne peut générer un déficit imputable sur le revenu global : l’excédent est reportable sur les années suivantes, ce qui est un levier fiscal très puissant à long terme.

Quels types de biens sont concernés ?

L’amortissement d’un bien immobilier est possible pour différents types de biens locatifs, à condition qu’ils soient affectés à la location meublée :

  • Studios, appartements, maisons, neufs ou anciens,

  • Biens en résidence de services (étudiants, seniors, tourisme),

  • Biens gérés en indivision ou SCI à l’IS (dans certains cas précis).

Le terrain n’étant pas amortissable, seule la valeur du bien hors foncier est prise en compte dans le calcul de l’amortissement. On considère aussi le mobilier, les équipements, et même certains travaux de rénovation comme des composants amortissables.

Le type de bien n’a pas d’importance tant qu’il est destiné à la location meublée non professionnelle et que sa mise en location respecte les règles du cadre de la location meublée. Il peut s’agir d’un bien neuf, d’un ancien logement rénové, ou même d’un bien acheté dans le cadre d’un projet immobilier locatif.

Ainsi, que vous investissiez dans l’immobilier locatif classique ou dans une résidence de services, tant que vous respectez le cadre du LMNP, vous pouvez amortir le bien sur plusieurs années et optimiser la fiscalité de vos revenus locatifs.

Comment fonctionne l’amortissement en LMNP

La méthode linéaire d’amortissement

Le fonctionnement de l’amortissement en LMNP repose sur une méthode simple et logique : l’amortissement linéaire. Cela signifie que la valeur amortissable du bien est répartie également sur une durée prédéfinie, en fonction de la durée d’usage estimée pour chaque composant.

Prenons un exemple : si la valeur du bien immobilier (hors terrain) est estimée à 200 000 € et qu’on l’amortit sur 30 ans, alors l’amortissement annuel sera de 6 666 € par an. Ce montant est déduit chaque année des revenus locatifs, réduisant ainsi l’impôt à payer.

Mais l’amortissement immobilier ne s’arrête pas à la structure du bâtiment. Il s’étend aussi aux meubles, équipements, et autres composants comme :

  • la toiture,

  • l’électricité,

  • la plomberie,

  • le mobilier,

  • les équipements de cuisine.

Chacun de ces éléments peut être amorti sur une durée différente, souvent plus courte que celle du bâti. Par exemple, les meubles peuvent être amortis sur 5 à 7 ans, les équipements techniques sur 10 à 15 ans, etc.

Cette approche détaillée permet de maximiser l’amortissement total, ce qui est un atout majeur du régime réel sous LMNP. Et plus vous amortissez, plus vous réduisez votre base imposable, tout en continuant à percevoir les revenus locatifs.

Le rôle des composants dans le calcul

Le calcul de l’amortissement d’un bien immobilier en LMNP s’appuie sur la décomposition du bien en composants. Cette méthode, appelée comptabilité par composants, est aujourd’hui la norme dans l’amortissement comptable immobilier.

Chaque composant a :

  • une valeur d’origine spécifique (part du coût total),

  • une durée d’amortissement propre.

Voici un exemple de répartition pour un bien de 300 000 € :

  • Gros œuvre : 55 % → amorti sur 40 ans,

  • Toiture : 10 % → amortie sur 25 ans,

  • Installations électriques/plomberie : 15 % → sur 15 ans,

  • Cuisine équipée : 10 % → sur 10 ans,

  • Mobilier : 10 % → sur 7 ans.

Cette répartition permet d’augmenter le montant amorti les premières années, car certains composants sont amortis plus rapidement. Cela vous offre une économie d’impôt significative dès les premières années de mise en location.

Il faut bien distinguer cette méthode de la simple déduction des charges : ici, vous valorisez la dépréciation du bien sur plusieurs années sans perdre en flux de trésorerie, ce qui est une stratégie très efficace pour les investisseurs LMNP.

Comment calculer l’amortissement d’un bien ?

Exemple concret de calcul

Pour amortir un bien immobilier efficacement, il faut d’abord déterminer les bases du calcul : le coût du bien, la répartition entre terrain et bâti, la ventilation par composants, et la durée d’utilisation estimée de chaque élément.

Prenons un cas pratique :

  • Achat du bien (tout compris) : 250 000 €

  • Terrain (non amortissable) : 50 000 €

  • Valeur amortissable du bien : 200 000 €

Répartition des composants :

  • Gros œuvre (60 % de 200 000 €) → 120 000 €, amortis sur 40 ans → 3 000 € / an

  • Équipements (20 %) → 40 000 €, sur 10 ans → 4 000 € / an

  • Mobilier (10 %) → 20 000 €, sur 7 ans → 2 857 € / an

  • Travaux de rénovation (10 %) → 20 000 €, sur 15 ans → 1 333 € / an

Total amortissement annuel : 11 190 €

Ce montant de 11 190 € est déduit chaque année des revenus locatifs générés par le bien. Si vous percevez 12 000 € de revenus LMNP annuels, votre résultat imposable ne sera que de 810 €, voire 0 € après les autres charges déductibles (intérêts d’emprunt, charges, taxes, etc.).

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Ainsi, vous percevez des loyers nets de charges fiscales pendant plusieurs années — une optimisation redoutable pour tout investissement immobilier locatif.

Les pièges à éviter

Même si le mécanisme d’amortissement semble séduisant, plusieurs erreurs peuvent entraîner un redressement fiscal ou une perte d’optimisation :

  • Négliger le terrain : vous ne pouvez pas amortir la part foncière du bien. Si vous ne la distinguez pas, vous risquez de surévaluer l’amortissement.

  • Oublier de ventiler les composants : l’amortissement global sur 30 ans est moins efficace que la répartition par composant, qui permet de booster l’amortissement les premières années.

  • Confondre charges et amortissement : attention, les charges réelles (réparations, frais de gestion, intérêts d’emprunt) sont déductibles l’année même, tandis que l’amortissement s’étale sur plusieurs années.

  • Faire des amortissements trop agressifs : en cas de contrôle, un amortissement non justifié peut être requalifié. Il faut se baser sur des durées réalistes, souvent validées par un expert-comptable.

  • Ignorer les conséquences à la revente : lors de la vente du bien, l’amortissement ne génère pas de plus-value fiscale, mais peut impacter les règles de calcul si le bien est détenu en SCI à l’IS.

Pour éviter ces pièges, il est recommandé de faire appel à un professionnel ou d’utiliser un logiciel spécialisé pour les revenus LMNP. Cela garantit la conformité fiscale et une optimisation maximale de votre amortissement immobilier.

Impact fiscal de l’amortissement

Comment l’amortissement réduit l’impôt (pendant la détention)

L’un des principaux avantages du statut LMNP réside dans la possibilité d’amortir un bien immobilier, ce qui permet de réduire considérablement l’impôt sur les revenus locatifs. L’amortissement représente une charge comptable — une écriture fictive — qui vient diminuer le résultat imposable sans entraîner de sortie de trésorerie.

En pratique, si vous percevez 15 000 € de revenus locatifs et que vous amortissez 12 000 € par an, votre revenu imposable est fortement réduit, voire annulé. En ajoutant d’autres charges (intérêts d’emprunt, assurance, gestion locative), vous pouvez obtenir un résultat fiscal nul et ainsi ne payer aucun impôt sur vos loyers perçus.

Ce système permet également de reporter les amortissements non utilisés sur les années suivantes, si ceux-ci dépassent les loyers encaissés. Ce mécanisme constitue une véritable optimisation fiscale à long terme, très prisée des investisseurs en location meublée.

Depuis 2025 : réintégration des amortissements à la revente

Depuis 2025, une évolution fiscale importante a modifié le régime LMNP. Les amortissements effectivement déduits pendant la durée de détention d’un bien doivent désormais être réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable lors de la revente.

Cela signifie que la base de calcul de la plus-value n’est plus simplement la différence entre le prix de vente et le prix d’achat, mais tient également compte des amortissements pratiqués. Concrètement, ces derniers réduisent le prix d’achat fiscal et augmentent donc mécaniquement la plus-value imposable.

Exemple : un bien acheté 200 000 € et amorti à hauteur de 60 000 € est considéré fiscalement comme acquis pour 140 000 €. Si vous le vendez 260 000 €, la plus-value imposable est calculée sur 120 000 € au lieu de 60 000 €.

Atténuation grâce aux abattements

Malgré cette réforme, les abattements pour durée de détention sont maintenus. Ainsi :

  • L’impôt sur la plus-value est exonéré après 22 ans de détention ;

  • Les prélèvements sociaux sont exonérés après 30 ans.

Ces abattements viennent réduire progressivement l’impact fiscal à mesure que le bien est conservé. Pour les investisseurs de long terme, l’effet de la réforme peut donc être fortement atténué, voire neutralisé.

Différences entre LMNP et LMP

Quel régime choisir pour optimiser l’amortissement ?

Les statuts LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) et LMP (Loueur Meublé Professionnel) s’adressent à des profils d’investisseurs différents, bien qu’ils permettent tous deux d’amortir un bien immobilier. La principale distinction repose sur le volume des revenus locatifs et le caractère principal ou non de l’activité.

Vous relevez du LMP si vous remplissez simultanément les deux conditions suivantes :

Sinon, vous restez en LMNP, ce qui est le cas de la majorité des particuliers investisseurs.

En matière d’amortissement, les deux statuts fonctionnent de manière similaire : vous pouvez amortir le bien, les meubles, les équipements et les travaux. Toutefois, l’impact fiscal en cas de déficit ou de revente diffère fortement :

  • En LMP, les déficits peuvent être imputés sur le revenu global, ce qui augmente la capacité de défiscalisation immédiate ;

  • En LMNP, les déficits sont reportables uniquement sur les revenus meublés futurs ;

  • En LMP, la plus-value à la revente est imposée au régime des plus-values professionnelles, avec des règles spécifiques ;

  • En LMNP, la plus-value suit les règles des particuliers, avec abattements pour durée de détention — sauf depuis 2025, où les amortissements sont réintégrés.

Avantages et inconvénients du LMNP vs LMP

Voici un aperçu des avantages et limites de chaque statut en matière d’amortissement immobilier et de fiscalité :

Critère LMNP LMP
Amortissement Oui Oui
Déficits imputables Sur revenus LMNP uniquement Sur revenu global
Plus-value à la revente Réintégration des amortissements, mais régime des particuliers Plus-value professionnelle
Charges sociales Non (sauf SSI si seuils dépassés) Oui (cotisations sociales obligatoires)
Formalités comptables Raisonnables (SIRET, comptabilité réelle) Plus lourdes (déclaration BIC pro, charges sociales)
Accessibilité Idéal pour les particuliers Mieux adapté aux gros investisseurs ou aux professionnels

Le LMNP reste plus simple et plus souple, surtout pour un premier investissement locatif. En revanche, le LMP peut devenir pertinent si vous souhaitez professionnaliser votre activité immobilière, maximiser les déficits, ou développer un parc immobilier conséquent.

Le choix entre les deux dépend donc de votre profil d’investisseur, de vos objectifs fiscaux, et de la stratégie de détention du bien à moyen et long terme.

SCI et amortissement immobilier

Peut-on amortir un bien détenu via une SCI ?

La SCI (Société Civile Immobilière) est une structure courante en France pour gérer un patrimoine immobilier à plusieurs ou pour optimiser la transmission familiale. Mais lorsqu’il s’agit d’amortir un bien immobilier, la question dépend du régime fiscal choisi par la SCI.

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En effet, il existe deux types de SCI :

  • La SCI à l’impôt sur le revenu (IR) : elle ne permet pas l’amortissement du bien, car les revenus sont imposés comme des revenus fonciers. Dans ce cas, seul le régime des charges déductibles classiques s’applique.

  • La SCI à l’impôt sur les sociétés (IS) : ici, la SCI devient assimilée à une entreprise, ce qui permet de pratiquer un amortissement comptable du bien, exactement comme en LMNP.

Donc oui, vous pouvez amortir un bien en SCI, mais uniquement si la SCI est soumise à l’IS. Attention : ce choix est irrévocable et a des conséquences importantes à la revente, notamment sur la fiscalité des plus-values.

Avantages et limites fiscales

Amortir un bien via une SCI à l’IS peut offrir des avantages intéressants :

  • Déduction annuelle des amortissements sur le résultat comptable ;

  • Optimisation de l’impôt sur les bénéfices si la société réalise des loyers importants ;

  • Meilleure gestion de plusieurs biens locatifs au sein d’une même structure.

Cependant, ce montage comporte aussi des inconvénients notables :

  • À la revente, la plus-value est calculée sur la base nette comptable du bien (valeur diminuée des amortissements), ce qui augmente fortement la fiscalité ;

  • La SCI à l’IS est soumise à l’impôt sur les sociétés, et à une fiscalité en cascade si vous distribuez les bénéfices (IS + impôt sur le revenu des associés) ;

  • Les formalités comptables sont plus lourdes (bilan annuel, TVA dans certains cas, déclaration fiscale spécifique).

Ce type de montage peut être pertinent pour des investisseurs aguerris, disposant d’un patrimoine immobilier conséquent, ou pour ceux souhaitant structurer leur activité locative à moyen ou long terme.

En résumé : la SCI à l’IS permet d’amortir un bien immobilier, mais nécessite une approche patrimoniale bien pensée, car la réintégration des amortissements à la revente peut fortement alourdir l’imposition finale.

Erreurs fréquentes à éviter

Confondre charges déductibles et amortissements

L’une des erreurs les plus courantes consiste à confondre les charges réelles (taxes, intérêts, assurances, frais de gestion, etc.) avec l’amortissement du bien immobilier. Or, ces deux leviers fiscaux ont une nature fondamentalement différente.

Les charges déductibles correspondent à des dépenses réellement engagées, et elles sont déduites immédiatement l’année où elles sont payées. À l’inverse, l’amortissement est une charge fictive étalée sur plusieurs années, qui n’affecte pas la trésorerie, mais réduit le résultat imposable.

Certains bailleurs négligent d’utiliser l’amortissement en pensant que seules les charges “réelles” comptent. D’autres, à l’inverse, oublient que l’amortissement ne peut pas créer de déficit LMNP imputable sur le revenu global (sauf en LMP). Il est donc crucial de bien distinguer les deux notions et de les combinées intelligemment pour maximiser l’économie d’impôt.

Ne pas ventiler le bien en composants

Une autre erreur fréquente : amortir l’ensemble du bien immobilier sur une seule durée (souvent 30 ou 40 ans), sans distinguer les différents composants. Cette pratique simplifie la gestion, mais limite considérablement l’effet fiscal de l’amortissement.

En réalité, le bien est constitué d’éléments hétérogènes (gros œuvre, toiture, installations techniques, mobilier…), chacun ayant une durée de vie propre. En les ventilant séparément, vous pouvez amortir certaines parties plus rapidement (mobilier sur 7 ans, équipements sur 10 ans…) et augmenter le montant des amortissements dès les premières années.

Cette approche, appelée amortissement par composants, est reconnue par l’administration fiscale et vivement conseillée pour les loueurs en meublé non professionnels.

Mal anticiper l’impact à la revente

Depuis 2025, les amortissements pratiqués en LMNP sont réintégrés dans la base de calcul de la plus-value imposable. Cela a bouleversé l’équilibre fiscal du régime, en alourdissant la taxation en cas de vente du bien.

De nombreux investisseurs continuent d’appliquer les anciennes logiques, en pensant que les amortissements n’auront aucun impact à la revente. Or, ce n’est plus le cas : ne pas intégrer cette évolution fiscale dans votre planification peut entraîner une mauvaise surprise.

Avant même de débuter l’amortissement d’un bien, il est donc indispensable de réfléchir à votre horizon de détention :

  • Si vous vendez à court terme : limiter les amortissements peut être judicieux ;

  • Si vous détenez sur plus de 22 ou 30 ans : vous pourrez bénéficier des abattements pour durée de détention, et ainsi neutraliser partiellement voire totalement la réintégration fiscale.

Conclusion et points clés à retenir

Amortir un bien immobilier dans le cadre du statut LMNP est une stratégie puissante pour alléger votre fiscalité, améliorer votre rentabilité et optimiser votre investissement locatif sur le long terme. Ce mécanisme, qui repose sur des règles comptables précises, peut transformer radicalement l’impact fiscal de vos revenus locatifs.

Il ne s’agit pas simplement de réduire un impôt ponctuel : c’est un levier patrimonial structurant, capable de générer des dizaines de milliers d’euros d’économies sur toute la durée de détention du bien. Mais comme tout outil puissant, l’amortissement doit être manié avec rigueur, cohérence et en tenant compte des évolutions fiscales récentes.

Voici ce qu’il faut retenir pour amortir un bien immobilier avec succès :

  • L’amortissement immobilier est réservé à la location meublée, notamment au régime réel du statut LMNP.

  • Il permet de réduire fortement l’impôt sur les revenus locatifs, voire de l’annuler totalement.

  • Les composants du bien (mobilier, équipements, travaux, etc.) doivent être identifiés et amortis selon des durées spécifiques.

  • Depuis 2025, les amortissements pratiqués sont réintégrés à la revente, ce qui majore la plus-value imposable.

  • L’amortissement ne crée pas de déficit imputable sur le revenu global (sauf en LMP), mais il est reportable sur les bénéfices futurs.

  • Le statut LMNP reste attractif mais demande une gestion comptable rigoureuse, souvent accompagnée par un expert.

  • L’option SCI à l’IS permet aussi d’amortir, mais avec une fiscalité plus complexe à la revente.

  • Il est indispensable de planifier en amont votre stratégie de détention, pour anticiper les conséquences fiscales à la sortie.

  • Le régime réel doit être choisi expressément (et renouvelé tous les ans) pour bénéficier de l’amortissement.

  • En cas de doute, mieux vaut s’entourer de professionnels ou utiliser des outils adaptés à la location meublée.


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